Eileen Gray, l’effleurement d’une œuvre

Le centre Pompidou présente la lecture d’une artiste qui pratiquait le dessin, la peinture, la laque, la photographie, la décoration intérieur et l’architecture, Eileen Gray. De toutes ses expressions artistiques vous n’y apercevrez que l’esquisse d’une œuvre oubliée et dispersée durant la seconde guerre mondiale. J’ai eu donc l’envie d’y reprendre quelques notes pour prolonger le plaisir de la découverte d’une oeuvre qui ne demande qu’à être contemplé et partagé.

Combinant divers mode d’expression, Eileen Gray, artiste designer dirait on aujourd’hui, est surtout connue pour son travail de laque et ses incorporations raffinées de finitions laquées sur des meubles Art Déco. En 1900 Eileen Gray a 22 ans. Elle est indépendante et décide d’entrer à la Slade School of Fine Art à Londres. Éprise de liberté, elle souhaite découvrir le monde. Entre toutes les destinations rêvées ou voyagées c’est Paris, capitale où souhaitent vivre beaucoup d’artiste à cette époque, qui lui offre cet élan de liberté qui l’anime. Elle décide de s’y installer en 1902.  C’est en tant qu’artiste peintre qu’elle s’exprime, évoluant dans un milieu artistique anglo-saxon suivant les courants poétiques de l’imagisme. Son travail se trouve influencé par ce courant littéraire qui puise ces sources dans l’antiquité grecque ou la culture japonaise. De 1903 à 1913 Eileen Gray ouvre de multiples collaborations culturelles et explore de nouveaux modes d’expression artistique. Elle apprend la teinture et le tissage de la laine mais aussi la technique de la laque qui sera l’une de ses «signatures créatives». Les panneaux de laque qu’elle réalise appréhendront peu à peu l’espace. Son travail glisse alors doucement vers le tri-dimentionnel. Les panneaux deviennent des paravents, dès lors Eileen Gray sera considérée comme décoratrice plus qu’artiste peintre.

À partir de 1920 elle crée ses premiers environnements intérieurs grâce au soutien de Jacques Doucet, couturier. Son travail de designer est délicat et fonctionnel. Elle est avec Charlotte Perriand l’un des précurseurs du mobilier à structure acier. Les tables tubulaires ou rares suspensions qu’elle dessine sont aériennes. Les sièges transat et fauteuil bibendum sont de petits volumes, laissant imaginer une assise confortable. Son mobilier intégre l’espace avec harmonie, laissant circuler la lumière dans une pièce sans accumulation ni surcharge. Sa rencontre avec Jean Badovic lui offre la possibilité d’aborder l’architecture en travaillant ensemble sur la villa E1027 à Roquebrune au cap Martin. D’abord encensée par la critique dans le courant des années 20 Eileen Gray tomba ensuite dans l’oubli, avant que le public redécouvre son œuvre à la fin des années soixante.

Figure discrète du design et de la décoration Eileen Gray nous laisse un joli témoignage de son temps, ponctué de mystère et de silence. Souhaitons que la magie et la poèsie de son œuvre vous mènent avec douceur vers les lumières du cap Martin à Roquebrune.

Exposition Eileen Gray , centre Georges Pompidou du 20 Février au 20 Mai 2013

bibendum

suspension eile

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