La féminité un sujet d’expression, miroir d’une société

PORTRAIT CROISÉS DE DEUX PHOTOGRAPHES, HELMUT NEWTON ET JO SCHWAH

Yves Saint Laurent – Vogue – Paris

Quelles attentions pouvons nous prêter à leurs œuvres ? Qu’en est il du pouvoir de provocation des images d’Helmut Newton ? nous emeuvent elles toujours ? Ma curiosité instinctive me pousse à la rencontre d’œuvres et d’artistes plus ou moins de renoms, afin de compléter mon répertoire en connaissance des arts mais aussi d’y trouver quelques réponses créatives et sociétal, voici mes premières réflexions….

Helmut Newton au grand palais, par la petite porte à gauche certe, voilà la consécration d’une œuvre photographique, écartée en 2006 au jeu de paume, qui l’aurait probablement étonné tant son travail semble être le prolongement expressif de lui même. après la deuxième guerre mondiale Helmut Newton, s’installe à paris et travaille pour divers magazines, VOGUE,  ELLE, MARIE CLAIRE, PLAYBOY…Sa signature artistique est assurée sans pudeur : beauté féminine, sensualité, érotisme…Très vite son travail est apprécié mais une réputation sulfureuse accompagne son œuvre qui fut parfois controversée. La provocation un moyen de s’exprimer autrement…Il est possible que son travail a «malheureusement» inspiré les publicitaires qui ont repris son univers de façon biaisée. Le désir de provocation, afin de marquer les esprits, a fait son apparition dans les années 2000. Accolé à des marques de luxe, c’est le mouvement du porno chic que l’on retouve sur beaucoup de campagnes publicitaire, frôlant le mauvais goût.  Je ne peux affirmer qu’il est inspirateur de ce mouvement mais on peut reconnaître que certaines libertés d’interprétation ont fini par galvauder sa démarche créative et brouiller les messages.

Mettons un peu d’ordre dans tout cela…

Et si les clichés perçus comme de la provocation étaient le reflet d’un fragment du miroir de la société dans laquelle évoluait helmut newton et dont il était fasciné. La lecture des corps de Newton se lit comme une structure vivante, mis en scène dans des hôtels luxueux, des palaces, des villas avec piscine…  Les postures des modèles sont figées pour n’être plus qu’une représentation «newtonienne» de sa vision de la beauté : une beauté plastique, modelée avec maîtrise, structurant de leurs courbes le champs photographique dans lequel elles se trouvent. Le regard que pose Helmut Newton est sans filtre, cruement il découpe au scalpel le quotidien de la société qui l’entoure pour en restituer les clichés de nos fantasmes. En cela les images d’Helmut Newton seront toujours nous émouvoir car elles sont la mémoire d’une époque mais aussi l’aveu de notre faiblesse d’y croire. Et demain quel artiste sera mettre au centre de son œuvre le sujet féminin comme témoin de son époque ? Quel photographe nous laissera entrevoir une œuvre aussi touchante que celle d’Helmut Newton .

Jo Schwah peut être ? allemand, lui aussi, né à Berlin. Ses nus féminins, il les nomme : portraits. Auraient ils quelque chose à nous révéler ? son blog c’est :»habitual grâce». En y jettant un coup d’œil vous comprendrez la portée du choix de ce nom. Les clichés de Jo Schwah sont cruellement vivants, la femme n’y est pas fantasmée. Sa morphologie est multiple, une façon peut être d’y représenter le portrait d’une société qui nous entoure. Jo Schwah observe la variété du genre humain, il y pose la vérité d’un regard «anthropologique». Une valeur portée par des courants expressifs et culturels d’aujourd’hui. Cette valeur sortira t elle du lot pour inspirer de nouveaux codes de communication ?  À décéler et à suivre….

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